Table-ronde – Le placement extérieure : quelle stratégie pour développer cet aménagement de peine ?

Le 27 mars 2026 à 14 heures, la FARAPEJ a organisé une table-ronde au sujet du placement extérieur, avec la participation de :

  • Lou-Andréa IMBERT, Cheffe de section de l’exécution des peines et de la surveillance électronique – Direction générale de l’administration pénitentiaire
  • Valentine Abécassis, Directrice pénitentiaire d’insertion et de probation – SPIP du Nord
  • Mélanie Leduc, 1ère vice-présidente chargée de l’application des peines à Meaux, et administratrice de l’ANJAP (Association nationale des juges de l’application des peines).
  • Virginie Macon, Coordinatrice service LATITUDE, association Le MAS à Lyon.

L’animation était assurée par Charly Salkazanov, avocat à la cour et président de l’association pour les droits des personnes incarcérées.

Le placement à l’extérieur sans surveillance continue de l’Administration Pénitentiaire est une mesure d’aménagement de peine individualisée permettant à une personne condamnée à une peine privative de liberté d’exécuter tout ou partie de cette peine hors de la prison en étant confiée, le plus souvent, à une association. Cette mesure qui peut être subordonnée au respect de certaines obligations ou interdictions, tend à la réinsertion de la personne condamnée et à la prévention de la récidive tout en prenant en considération l’intérêt des victimes. Elle est ordonnée par le tribunal correctionnel prononçant la condamnation ou, par la suite, par le juge de l’application des peines afin de permettre au condamné d’exercer une activité professionnelle, de suivre un enseignement ou une formation professionnelle, de rechercher un emploi, de participer de manière essentielle à la vie de sa famille, de subir un traitement médical ou de s’investir dans un projet d’insertion ou de réinsertion de nature à prévenir les risques de récidive.

Ce dispositif alternatif à l’emprisonnement ferme fait la démonstration de son efficacité : ceux qui en bénéficient ont un taux de récidive de 39% à 5 ans contre 63% pour les personnes détenues jusqu’à leur fin de peine.

Malgré ses atouts, le placement extérieur demeure encore peu mobilisé. Il ne représente aujourd’hui qu’environ 5 % des aménagements de peine en France, ce qui témoigne à la fois de son potentiel et des limites de son développement. À l’échelle nationale, une quarantaine de structures agréées proposent près de 2 000 places. Si leur nombre a récemment augmenté, avec un taux d’occupation moyen d’environ 68 %, cette dynamique reste inégale selon les territoires.

Si la sous-occupation du placement extérieur est largement déplorée et appelle un renforcement des actions de sensibilisation, les professionnels intervenant à la table ronde n’appellent pas pour autant à une généralisation massive du dispositif. Le recours à cette mesure doit rester ciblé, en fonction de besoins spécifiques dans le parcours des personnes concernées : nécessité d’un accompagnement renforcé, fragilités particulières ou encore besoin d’un cadre structurant propice à la réinsertion.